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© Juliette Ze
 

weaver-quintet
alexandre roccoli
a short term effect (france)

vendredi 16 juin à 21:30
au jardin de l'évêché

durée : 1h15

tarif unique à 10€

 

++ Bord de plateau ++

Chorégraphie Alexandre Roccoli
Danseuses Vera Gorbacheva,
Daphné Koutsafti, Juliette Morel,
Rima Ben-Brahim

Musique live Deena Abdelwahed
Création lumière Rima Ben-Brahim
Régie générale Hugo Frison
Professeures invitées Rita Quaglia,
Anne Martin

Conseiller en dramaturgie Florian Gaité
Ingénieur son Benoist Esté
Costumes Goran Pejkoski

Production A Short Term Effect.
Coproduction A-CDC (Association des CDC) : Art danse - CDC Dijon Bourgogne-Franche-Comté, CDC Atelier de Paris-Carolyn Carlson, La Briqueterie - CDC du Val-de-Marne, Le Cuvier - CDC de Nouvelle-Aquitaine, L’échangeur - CDC Hauts-de-France, Le Gymnase | CDC Roubaix - Hauts-de-France, CDC Les Hivernales - Avignon, le Pacifique | CDC - Grenoble, Pôle Sud - CDC Strasbourg, CDC Toulouse/Occitanie, CDC Uzès danse.
Coproduction et résidence Les Subsistances 16/17.

La compagnie a short term effect est subventionnée par la Drac Auvergne-Rhône-Alpes et la région Auvergne-Rhône- Alpes, et par la Ville de Lyon et l’Institut Français pour certains projets.

FILMS
Montage Jéremy Perrin, Simon Krahl
Voix Andréa Carlino, Luigi Chiriatti
Danse et musique
Malika Djardi, Benoist Este
Les soyeuses Mesdames Debaux et Laterza Production Nuovi Mecenati Roma, CCN de Caen.

 

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Depuis plusieurs années, Alexandre Roccoli développe une recherche à la fois vidéographique, plastique et chorégraphique sur des gestes artisanaux anciens, résistants à l’oubli, et toujours plus menacés par l’automatisation industrielle. Au cœur de sa démarche, le monde tisserand, qu’il est allé rencontrer, explorer, étudier, que ce soit en Italie, au Maroc ou en France. Plusieurs créations ont ainsi été tissées à partir de ce questionnement touchant tant à la question de la mémoire qu’à celle de la transmission. Parmi celles-ci, le duo Longing, présenté en 2015 à Uzès.

Avec Weaver-Quintet, le chorégraphe poursuit le développement de cette trame où il entrelace sa curiosité méticuleuse pour les gestes du tissage avec les histoires d’ouvrières victimes de tarentulisme ou de la maladie d’Alzheimer… Un quintet donc, au féminin pluriel serait-on tenté d’ajouter, dans lequel les corps à la densité compulsive tressent leur écriture avec une partition lumières et une composition sonore, modulées en direct.

Acte libérateur, sinon de résilience, cette création sera précédée de la projection d’un film, antichambre ou prologue, à la fois poétique, intime et documentaire.

Continuing his work on ancestral artisan actions that have withstood neglect and automation, Alexandre Roccoli explores the world of weavers in Italy, Morocco and France. His duo Longing, was performed in 2015 in Uzès. Weaver-quintet builds on his meticulous curiosity for weaving interlaced with stories of victims of tarentulism and Alzheimer’s. This quintet entwines dance, light and sound in resilient, liberating movement. Preceded by a film that is both poetic and documentary.

Entretien

Pour Weaver-quintet, vous vous intéressez au tarentulisme et à la maladie d’Alzheimer. Comment la pathologie intervient-elle dans votre réflexion ?
Alexandre Roccoli : La maladie est constamment présente dans mon travail, comme elle l’est dans la vie. Je l’ai rencontrée de manière concrète lorsque j’ai monté des projets chorégraphiques dans des maisons de retraite et des hôpitaux psychiatriques, mais je la questionne plus généralement sur le plateau, dans l’art, dans mon rapport à la création. Je ne crois d’ailleurs pas que l’on puisse créer sans se blesser. Cela me ramène aussi à mon origine sociale, à la souffrance du milieu ouvrier.

Comment avez-vous travaillé la partition chorégraphique et ses articulations avec la musique et les lumières ?
Alexandre Roccoli : Nous sommes encore en création à l'heure où je vous réponds, je ne voudrais pas formuler de manière trop hâtive, car nous cherchons encore. Il est important pour nous de donner de la valeur à chaque langage, celui sonore, celui des lumières comme celui de la danse. Nous nous attelons à créer des valeurs, des attentions pour que chaque sens puisse se compléter et exister par ailleurs en soi. Il est crucial pour nous de développer une palette de dialogues où chacun s'écouterait.

Les textes de présentation du projet parlent « d'ouvrir la voie à une possible résilience par la danse ». De quelle résilience parlez-vous ?
Florian Gaité : À travers le motif de la danse des tarentulées, la pièce interroge la danse comme rituel de guérison lié au monde ouvrier, agricole. (...) Weaver-Quintet convoque ce pouvoir choréo-thérapeutique comme une réponse à une autre forme de « maladie » : la perte de la mémoire ouvrière. D’où la référence aux malades d’Alzheimer qui font véritablement lien entre cette histoire vernaculaire et les enjeux mémoriels de la pièce : les ouvrières dont on oublie les gestes sont elles-mêmes atteintes par des pathologies de la mémoire, ce qu’a pu voir Alexandre Roccoli lors de ses interviews avec d'anciennes ouvrières. (...) Néanmoins, Weaver-Quintet ne peut prétendre lutter contre cet effacement du geste ouvrier dans les mémoires collectives et « guérir » cet oubli. C’est pour cela que je parle de « résilience » : une façon pour cette mémoire ouvrière de résister, de continuer à vivre, de persévérer...

Par rapport à la partition sonore, quelques sources documentaires comme des chants de la région des Pouilles ou des sons de métiers à tisser. Comment comptez-vous composer avec ces éléments ?
Deena Abdelwahed : Avec Alexandre Roccoli, nous nous sommes mis d'accord sur l'idée de « transe ». Autrement dit, sur l'idée d'une musique répétitive faite à partir de boucles sonores qui s'alimentent petit à petit... Le tout travaillé sur une spatialisation à cinq enceintes. (...) Pour ce qui est des sons documentaires dont vous parlez, comme le crissement des bois de métier à tisser par exemple, j'aimerais arriver à me passer des sons enregistrés : travailler avec mes machines jusqu'à obtenir les mêmes ambiances, les mêmes textures, les mêmes respirations que ces sons organiques. (...) Je respecte trop ces sources d'origine pour les reprendre telles quelles, me les accaparer.

 

 

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