facebook
inscription newsletter



© Alain Trompette
 

un sueÑo despierto
christophe haleb
la zouze (france)

samedi 10 juin à 15:00
dimanche 11 juin à 15:00

au lavoir

film documentaire
1h30

entrée libre

Apéro cubain dimanche à 12:00

 

 

Matériaux dansés chorégraphiés et interprétés avec la complicité de
Luvyen Mederos Gutierrez,
Jenny Nocedo Soca, Alex Melo,
Dani Leyden, Esteban Santiago Aguilar, Jose luis Pereira Donneys,
Libety Martinez Pino, Arelis Fernandez, Miguel Angel Rodriguez Ramon

Réalisation Christophe Haleb
Image Alain Trompette
Son, musique originale Benoist Bouvot
Montage Sylvain Piot
Etalonnage numérique Erwan Poirier
Mixage son Boris Darley
Remerciements
Noël Bonilla, Odwen Beovides González, l’ISA - Instituto Superior de Arte, la ENA - Escuela Nacional de Artes et le festival Impulsos - Encuentros de jóvenes coreógrafos, Françoise Cochaud et Philippe Murcia de l’Ambassade de France à Cuba, Marc De Lehelle d’Affroux et l’Alliance Française de La Havane, Sophie Imbert et Claude Mouriéras, Wendy Guerra, Bénédicte Cazauran, Blanche Guichou, Laurent Didier, Géraldine Humeau.

 

Production La zouze - cie Christophe Haleb. Avec le soutien de l’Institut Français, la Région Provence Alpes-Côte-d’Azur, et la Cinéfabrique - Ecole nationale supérieure de Cinéma et Multimédia en Rhône-Alpes.

La zouze - cie Christophe Haleb est conventionnée par le ministère de la Culture et de la Communication - Drac Provence-Alpes-Côte d’Azur. La compagnie est subventionnée par la Ville de Marseille, le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Conseil général des Bouches-du-Rhône.

 

spectacle
suivant >>

 

Entre La Havane et Christophe Haleb, une histoire de rencontres multiples, à travers des ateliers et des performances qu’il y a donnés ces dernières années. Une confrontation aussi : entre ses propres nécessités d’utopie sociale et la réalité d’un Cuba mis sous cloche par un embargo international, vieux de 55 ans. Ajoutez-y son goût pour le cinéma, clairement affiché dans ses deux dernières pièces de groupe que sont Fama et CommunExtase, et vous obtenez les ingrédients nécessaires à la réalisation de cette série de trois films courts, intitulée Un Sueño despierto (un rêve éveillé).

Entremêlant fictions photographiques et chorégraphiques, interviews de jeunes danseurs, images de leur quotidien et déambulations dans la ville, chaque épisode semble s’articuler de façon elliptique autour d’un axe (la Révolution, l’amour, le changement) pour mieux dessiner le visage pluriel de La Havane et de sa jeunesse, ses réalités, ses envies et son rapport au passé. Film d’un amoureux qui sait se faire discret, Un Sueño despierto vogue entre poème et documentaire, à la recherche du beau et du vivant entre les lézardes du temps et de l’Histoire. On en ressort à la fois parfumé de mélancolie et empli d’énergie : le souvenir d’un rêve éveillé, précisément.

Christophe Haleb’s series of three short films entitled Un Sueño despierto (A Daydream) reflects the multi-faceted encounters arising from the workshops and performances Haleb gave in Havana in the past years. Photographic and choreographic fictions, interviews, images of daily life and the city come together to draw the many faces of Havana and its youth. A film made with loving, discreet eyes, part poem, part documentary, both melancholic and full of vital energy.

Entretien avec Christophe Haleb

Un sueño despierto se décline comme un double portrait : de jeunes Cubains et de La Havane, ou plus exactement de ses architectures et d'un goût d'abandon qui prédomine.
Il y a, à La Havane, un état de ruines très présent. Mais elles ne sont pas hantées par des zombies. Elles sont extrêmement vivantes. Ces ruines sont habitées humblement, et non sans une certaine poésie dans la lutte au quotidien pour survivre. Les Cubains ont un regard très lucide et à la fois très bohème sur cette réalité du délabrement. Un sentiment de fierté aussi, par rapport à leur pays. Et une conscience politique forte par rapport à la mondialisation, au reste du monde...

Vous livrez un regard très fort sur l'architecture, sa puissance. Notamment ces grands ensembles en béton, avec leurs lignes et jeux de perspective.
Après le triomphe de la Révolution, Cuba a connu une longue période russe, qui a construit des bâtiments publics et des habitations, les solar vertical : des HLM très peuplés, du béton, de l’architecture brutaliste... Il y a aussi la période capitaliste, la dictature militaire de Batista des années 1950 et le style colonial qui se mélangent à la modernité... Au-delà des visages multiples de La Havane, ce rapport à l'architecture est une façon pour moi de mettre en tension le regard porté par cette jeunesse que j'ai filmée, et leur connexion avec l'Histoire et ses traces. L'architecture témoigne du passage du temps : elle raconte beaucoup de choses sur l'utopie, les corps ensemble, le présent.

Pourquoi avant tout des portraits de jeunes artistes ?
Ce sont des danseurs contemporains que j'ai rencontrés lors de précédents voyages, et avec qui j'ai eu des échanges artistiques. Avec ce film, je voulais les écouter, qu’ils prennent la parole, entendre leur point de vue sur la danse, leur réalité, leur héritage révolutionnaire, ce qu'ils en font, ce que ça leur fait. (...) Faire un film, fabriquer des images, c’est donner un point de vue : être à Cuba dans un vis-à-vis, un écart entre ce que je critique de l’Occident, de l’eurocentrisme, et ce que je vois de la vie à Cuba. Cela m'a confronté à des utopies politiques (socialistes, communistes) qui sont encore actives à Cuba mais dans un moment fort de transition postcastriste. Que reste-t-il de cet héritage communiste, quels corps a-t-il construit ? Quels mouvements a-t-il permis ici, ou empêché ? (...) Ce sentiment fort pour la ville, les rencontres que j'y ai faites, et cette confrontation avec nos propres espoirs, nos propres utopies, et ce qu'on en a fait : tout cela m'a donné envie d’un film.

Mais pourquoi un film ?
Parce que la ville, les personnes, le mouvement, l’intensité des corps : La Havane est très cinématographique. C'était l'occasion d'explorer une autre façon d'écrire, de travailler avec une autre temporalité. Voilà 25 ans que ma compagnie existe. J'ai réalisé une trentaine de créations. Cela m'a fait beaucoup de bien de m'engager dans la réalisation de ce film, d'interroger toujours et encore mon travail de chorégraphe. Et c'est maintenant que je devais le faire : les Cubains vivent une période clé aujourd'hui. Comment passer d’une forme fermée à une forme ouverte ? Comment inventer une forme qui soit artistiquement et politiquement vivable ? Quelque chose d’un espace commun, d’un possible. C’est un processus de création.

Donner la parole à des jeunes : un des désirs de ce film. Mais au final, beaucoup de silences aussi, de circulations, de danses même.
Oui, il y a des entretiens mais j'ai cherché à ne pas trop en dire. Laisser s’exprimer les corps, les sons de la ville, les présences, la manière dont on se touche : tout cela raconte déjà beaucoup sur qui ils sont, et sur la manière qu'ils ont d’être au bord du monde.

 

 

© 2016 UZÈS DANSE |conception antoine+manuel |