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© Véronique Baudoux
 

il y a longtemps
que je n'ai pas été
aussi calme

danya hammoud
(liban)

samedi 17 juin à 19:30
à l'église saint-étienne

durée : 45 minutes

tarif unique à 10€

 

++ bord de plateau ++

Chorégraphie Danya Hammoud
Interprétation Carme Torrent,
Danya Hammoud

Lumière Abigaïl Fowler
Remerciements à Virginie Petit,
Jean-Charles Latouche,
Chirine Karamé, Cynthia Zaven,
Marion Sage, Nathalie Garraud,
Toni Cots, Esther Freixa,
Khouloud Yassine, Arnaud De la Celle, Wafa Aoun, Rayya Morcos,
Charly Totterwitz

Production Playtime.
Coproduction Montpellier Danse - résidence de création à l’Agora - cité internationale de la danse avec le soutien de la Fondation BNP Parisbas, Uzès danse CDC, L’échangeur - CDC Hauts-de-France, Tanzquartier-Vienne - en collaboration avec KulturKontact, Le Parvis scène nationale Tarbes Pyrénées, le CN D - centre d’art pour la danse, Moussem Belgique, en collaboration avec Destelheide, CRA’P-Espagne - pràctiques de creació i recerca artística.
Avec le soutien de l’Ambassade de France au Liban / Institut français du Liban (Beyrouth) et l’aide de l’Officina, atelier marseillais de production.

 

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Dans la continuité de sa dernière pièce Mes mains sont plus âgées que moi (présentée en 2015), Danya Hammoud déplie ici un surprenant duo. Ciselant avec ténacité le silence des corps et de l’espace, elle révèle à nouveau avec poids la question de la violence sans pourtant jamais la faire exploser : un subtil travail sur des états de corps à la densité à la fois continue et retenue, doublé ici d’une recherche de mouvements autour de la limite (ultime) avant le débordement.

Il y a longtemps que je n’ai été aussi calme : cette phrase-titre est tirée de Lenz, nouvelle de Georg Büchner. Un « compagnon de route » de cette création, pour reprendre les mots de la chorégraphe, qui n’a pas pour autant l’ambition de retracer le récit de ce poète parti chercher refuge dans la montagne pour échapper à sa mélancolie suicidaire. Tout au plus, y puise-t-elle certains climats.

Lent plongeon en apnée, ce duo au féminin dévoile deux corps perdus dans un gouffre infini, deux corps cherchant à rester debout. Un profond sentiment d’étouffement emplit ce tandem qui jamais ne se touchera, à peine se regardera. Une cohabitation tangible malgré tout. Et l’impression grandissante qu’un flux commun les traverse et les transforme, tels d’intrigants vases communicants.

An amazing duo that prolongs her previous work (Mes mains sont plus âgées que moi, presented in 2015) where Danya Hammoud chisels the silence of bodies and space, revealing once again the question of violence while skirting all explosion. A gradual descent into the depths where two dancers never touch, scarcely look at each other, yet seem traversed and transformed by a single flow. Il y a longtemps que je n’ai été aussi calme — the title-phrase is borrowed from Lenz, the short story by Georg Büchner, a fellow traveller accompanying that work.

Entretien avec Danya Hammoud

Le titre de votre duo est une phrase tirée de Lenz, nouvelle de Georg Büchner. Qu'avez-vous puisé dans cette écriture pour qu'il prenne cette place-titre ?
Le personnage de ce texte, un poète (Lenz), a été une sorte de compagnon de route pour Carme Torrent et moi. Il a été constamment là durant le processus, nous a beaucoup nourri. (...) Une des premières choses qui m'a frappée dans cette nouvelle, c'est la description des états physiques de cet homme. Il passe d'un état à un autre, de façon assez soudaine. On a l'impression que son corps n'est jamais droit. Soit il est cambré par un poids extérieur, comme noyé dans les paysages, les montagnes, qui l'entourent : quelque chose qui le tend mais sans force, sans gloire ; quelque chose qui flotte plutôt, qui n'est jamais vraiment stable. Soit, au contraire, il est écrasé par une énorme tristesse intérieure qui pèse sur lui : quelque chose très proche du sol, d'enfoui même, voire qui se fond dans le sol...

Deux états que l'on perçoit dans la pièce. Et ces paysages de montagne, vous les avez travaillés également ?
Au tout début du travail, oui. Mais comme toutes les sources ou matières qui ont servi à la création, on ne les voit pas explicitement, au final. Elles n'ont pas été travaillées de façon à les rendre visibles, présentes (...) Mais il y a effectivement une question de paysage dans ce duo, au-delà de parler tout simplement d'espace, de positionnement des corps, de distances entre les corps, ou de déplacements. Et cette question, je crois, est visible dans le travail avec les lumières, qui crée un espace ou une perspective où l'on perd un peu les limites du lieu où l'on se trouve.

Une certaine lenteur tout au long de la pièce ; une retenue surtout dans les corps.
En tant qu'interprète, je le perçois comme un étouffement. (...) C'est vrai que l'on évoque souvent la question de la lenteur. Personnellement, je parle plutôt de densité, de poids. Et comme ce poids qui se construit à l'intérieur des corps est lourd, le mouvement ne peut se développer que dans une durée pleine et dense. Si je veux être dans le détail de la relation entre ces deux corps qui ne se regardent jamais mais sont complètement dans la coprésence, je ne peux le faire que dans cette temporalité. Sinon la composition se dirigerait vers une question de représentation de codes et de gestes sociaux que l'on reconnaît. Ce qui n'est pas l'objet de ma recherche d'écriture...

Et comment définiriez-vous cet objet ?
Dans ce projet, peut-être plus que les précédents, je cherche davantage à partager un travail sur des états de corps : des corps qui « tendent vers », qui ne sont pas clairement définis, qui sont « entre », en tension, et non dans la représentation ou le résultat d'une action. C'est là, le moteur de mon écriture. Je ne cherche pas raconter une histoire, mais plutôt le récit de deux corps dans une violence latente.

 

 

 

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