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© Marc Coudrais
 

ecce (h)omo
paula pi
no drama (brésil/france)

dimanche 11 juin à 19:00
au jardin de l'évêché

durée : 50 minutes

tarif unique à 10€

 

++ soirée partagée
avec Malika Djardi ++

 

De et avec Paula Pi
Regard extérieur, accompagnement, scénographie Pauline Brun
Dramaturgie, costume Pauline Le Boulba
Création lumière Florian Leduc
D’après une chorégraphie originale de Dore Hoyer (musique : Dimitri Wiatowitsch) © Deutsches Tanzarchiv Köln Transmission des danses Martin Nachbar

Production Bureau Produire / Claire Guièze et Cédric Andrieux.
Coproduction ICI - CCN de Montpellier/Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées avec Life Long Burning, Centre national de la danse, PACT Zollverein, Honolulu avec le CCN de Nantes, Théâtre de Poche de Hédé-Bazouges avec Extension Sauvage.
Le projet a reçu l’aide de la DRAC Île-de-France, dans le cadre de l’aide au projet.
Avec le soutien du Fonds Transfabrik - Fonds franco-allemand pour le spectacle vivant.
Le projet a bénéficié de l’aide du Centre Français de Berlin dans le cadre d’une résidence de création, ainsi que du soutien du Deutsches Tanzarchiv Köln.

 

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Pieds nus, cheveux courts, chemise et pantalon en jeans, Paula Pi entame avec précision Vanité de Dore Hoyer : un des cinq courts solos que cette chorégraphe allemande a écrits fin des années 1950 et regroupés dans un cycle intitulé Afectos Humanos.

Ainsi s’amorce Ecce (H)omo, et s’esquisse son sujet de départ : redécouvrir une œuvre que Paula Pi a vu pour la première fois en vidéo, dans une version pour plateau télé (en noir et blanc) enregistrée peu de temps avant que Dore Hoyer ne se donne la mort… Pour Paula, s’en est suivi une longue enquête à la recherche de la version « originale » de cette danse en cinq temps.

Loin de la donner à (re)voir dans son hypothétique vérité historique, Ecce (H)omo nous la livre malgré tout dans son intégralité, tout en jonglant finement avec les pauses, les commentaires, les genres (dans tous les sens du terme), les langues aussi. La démarche est claire : brouiller les pistes. Entre Paula Pi et Dore Hoyer. Entre parole et mouvement. Entre plein feu et pénombre. Entre mots/musique et silence profond… Et à Ecce (H)omo de glisser ainsi, sans jamais les formuler, des questions sur l’intégrité et l’héritage bien sûr, mais surtout sur la vérité et l’identité des choses, et leur essentielle pluralité, fluidité…

Paula Pi begins with Vanité, a dance solo by German choreographer Dore Hoyer, thus introducing her point of departure for Ecce (H)omo, her exploration of Hoyer’s five-part series entitled Afectos Humanos. Far from recreating the hypothetical historical truth, Ecce (H)omo expresses it in its entirety, delicately balancing the pauses, commentary, genres in every sense of the word, and languages. Any connections – between Paula Pi and Dore Hoyer, words and movement, music and silence, are deliberately scrambled. In that way, Ecce (H)omo addresses unspoken questions on heritage, truth and identity, and their fundamental multiplicity, fluidity.

Entretien avec Paula Pi

Ce projet est le fruit d'un long processus, débuté en 2014 au cours de votre master à ex.e.r.ce à Montpellier. D'où vous est venue l'idée de travailler à partir d'une recherche sur Afectos Humanos, cette série de cinq solos de la chorégraphe allemande Dore Hoyer (1911-1967) ?
J'ai rencontré ces danses avant ex.c.e.r.ce : au Brésil, pendant un séminaire à l'université de Sao Paulo autour de la Tanztheater [NDLR : « danse-théâtre », en allemand]. Quelques années plus tard, quand je suis venue à Montpellier, il se fait – un peu par hasard, ou par chance – que toute la thématique de la première année d'études a été la question de la reprise et même de la copie à un moment donné... Dans ce cadre, la chorégraphe Latifa Laâbissi est intervenue, et nous a demandé de travailler sur une danse, une archive, que l'on n’aurait pas eu le droit d'hériter. Ces solos de Dore Hoyer me sont venus assez logiquement à l'esprit. Latifa Laâbissi ayant déjà elle-même repris une de ces danses (L’Angoisse) ; l'exercice me paraissait d'autant plus intéressant. (...) Au même moment, pendant les deux semaines de travail autour de l'une de ces cinq danses, le chorégraphe allemand Martin Nachbar est venu à Montpellier – en-dehors du contexte d'ex.e.r.ce – pour donner un atelier à des enseignants en arts autour de son processus de recherche et de reprise de ce même cycle de solos... Il y a eu beaucoup de hasard dans ce projet... J'ai pu rencontrer Martin Nachbar à ce moment-là. Cette rencontre a été décisive pour moi dans l'envie d'aller plus loin que l'exercice proposé par Latifa Laâbissi : me plonger vraiment dans l'étude de ces cinq danses, et comprendre ce que j'allais faire non seulement avec cette matière mais aussi avec la question de l'autorité de l'auteur que toute démarche de reprise d'une œuvre pose en elle-même. Et, effectivement, cette recherche a pris du temps pour prendre sa forme, pour que je trouve une intimité avec ces danses qui, au départ, étaient très loin de moi.

Ce travail de réactivation, et d'appropriation également, vous avez choisi de l'intituler ECCE (H)OMO, qui fait référence à une première intention de titre qu'a eu Dore Hoyer mais à laquelle vous ajoutez une « astuce », d'intrigantes parenthèses. Pourquoi ce choix ?
Dans mes recherches, j'ai pu avoir accès aux Archives nationales de la danse à Cologne – qui sont aussi les ayant droits de l'œuvre de Dore Hoyer. J'y ai notamment trouvé le journal qu'elle tenait à l'époque où elle a fait cette pièce [NDLR : entre 1959 et 1962]. Dans ses notes, j'ai découvert le premier titre qu'elle avait imaginé pour ces danses : Ecce homo. Cela m'a semblé juste de reprendre sa première idée de titre, de part l'envie de me placer avant ce que l’on considère comme étant « l'original » de ces danses : là où Dore était encore en création, hésitante, dans l’expérimentation. Cet « en-deçà » de l’œuvre m’a semblé un espace plus ouvert à d’autres imaginaires. Car dans ma démarche de reprise, je voulais éviter de porter un discours de vérité historique, mais explorer aussi la question de l'invention, des devenirs possibles d'une œuvre, même si j'ai travaillé à vraiment comprendre minutieusement ces danses dans mon corps (...) C'est également un titre qui, si on met le « h » à part, se compose de deux palindromes (que l'on peut donc lire chacun dans les deux sens). Ce qui résonne pour moi avec l'idée de cycle, de boucle. Après, le choix de mettre le « h » entre parenthèses met également en évidence le terme « homo ». Car Dore Hoyer était quelqu'un de très libre sexuellement, malgré son époque. Un aspect de sa personnalité qui m’a intéressée. Et que l'on retrouve dans les Afectos Humanos, où elle a choisi de mettre en avant une figure androgyne, que ce soit à travers les costumes ou les mouvements... Ce choix de titre est un clin d’œil à tout cela aussi.

 

 

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