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© Danielle Voirin
 

conjurer la peur
gaëlle Bourges
Association Os (france)

samedi 10 juin à 21:30
au jardin de l'évêché

durée : 1h15

tarif unique à 10€

 

++ bord de plateau ++

Conception Gaëlle Bourges

Récit Gaëlle Bourges,
avec des emprunts à :

Conjurer la peur, Sienne 1338 - Essai sur la force politique des images, Patrick Boucheron, Editions du Seuil, 2013

Discours de la servitude volontaire, La Boétie, Editions Mille et une nuits, juillet 2016

Qu’est-ce que le commandement ? Giorgio Agamben, Bibliothèque Rivages, avril 2013

L’insurrection qui vient, comité invisible, La Fabrique éditions, septembre 2015

Critique / Patrick Boucheron : l’histoire, l’écriture, Revue générale des publications françaises et étrangères, décembre 2015 ; article « L’histoire à chaud », de Gil Bartholeyns

Le derrière de l’histoire et Nos écrans se regardent, nos écrans s’aiment par Paul B. Preciado, articles dans Libération week-end, 13 janvier 2017 et 24 février 2017

Danse de et par Matthias Bardoula,
Gaëlle Bourges, Agnès Butet,
Marianne Chargois, Camille Gerbeau, Guillaume Marie, Phlaurian Pettier, Alice Roland et Marco Villari

Création musicale Stéphane Monteiro alias XTRONIK, avec la complicité d’Erwan Keravec

Musique utilisation de l’œuvre « DAYDREAMING » de Thomas Yorke, Colin Charles Greenwood, Jonathan Greenwood, Edward John O’Brien et Philip James Selway © Warner Chappell Music France, avec l’autorisation de Warner Chappell Music France

Réalisation des costumes
Marianne Chargois

Création lumière Abigail Fowler

Régie lumière, régie générale
Abigail Fowler

Régie son Stéphane Monteiro

Production diffusion Raphaël Saubole

 

Production déléguée association Os
Avec le soutien de la Fondation d'entreprise Hermès dans le cadre de son programme New Settings
Coproduction Résidence de création, artiste associée : Centre chorégraphique national de Tours / Direction Thomas Lebrun, L’échangeur - CDCN Hauts-de-France, CCN de Caen en Normandie, dans le cadre de l’accueil-studio/Ministère de la Culture et de la Communication, TAP (Théâtre et Auditorium de Poitiers) – Scène Nationale, le Théâtre de la Ville de Paris, Le Vivat, scène conventionnée d’Armentières, La Ménagerie de Verre, la Fabrik Potsdam et le CDC Uzès danse dans le cadre du dispositif « Étape danse »
Avec le soutien de la DRAC Île-de-France au titre de l’aide à la structuration, CHORÈGE /Relais Culturel Régional du Pays de Falaise avec un accueil en résidence, Espaces Pluriels - Scène conventionnée danse-théâtre de Pau dans le cadre d’une résidence technique, Arcadi Île-de-France
Avec l’aimable autorisation des Éditions du Seuil pour l’exploitation du titre Conjurer la peur – tous droits réservés

Création les 21 et 22 mars 2017, festival Etrange Cargo, Ménagerie de Verre (Paris)


Gaëlle Bourges est artiste associée au Centre Chorégraphique National de Tours, direction Thomas Lebrun, pour trois ans (2016 - 2018) ; à Danse à tous les étages, scène de territoire danse en Bretagne, dans le projet Résodanse (« au bout du monde ! ») (2017 – 2018) ; artiste en résidence longue à L’échangeur - CDCN Hauts-de-France, Château-Thierry (2016 – 18).

 

 

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Pour entamer un projet, Gaëlle Bourges aime partir d’une conjonction entre une question actuelle qui la taraude, une œuvre plastique et un ouvrage qui l’analyse. Sa nouvelle création, pour neuf interprètes, n’échappe pas à cette nécessité.

Hiver 2015, le plan Vigipirate est à son niveau d’alerte le plus élevé. Gaëlle Bourges dîne chez des amis. Une photo l’interpelle : deux fantassins serrés l’un contre l’autre, le regard inquiet. En dessous, un titre, Conjurer la peur : l’essai de Patrick Boucheron sur la fresque du palais communal de Sienne, Allégorie du bon et du mauvais gouvernement. La conjonction se fait en un instant.

Programme politique en image, cette œuvre de 1338 met notamment en garde contre les effets de la tyrannie, où l’avarice, la fraude et la trahison font régner la peur. Une commande des autorités de la ville de Sienne qui gouvernaient alors sous le signe de la collégialité et du bien commun, mais sentaient leur système menacé par le retour à un autoritarisme féodal… Avec une simplicité ludique et ingénieuse, Gaëlle Bourges et son équipe nous redessinent cette fresque, et ses détails. Une tentative en trois variations, pour creuser toujours plus clairement ses échos avec notre temps. Ou comment allier poétique et politique à la fois fermement et habilement !

Gaëlle Bourges likes to approach a new project through a current issue which challenges her, a work of art and an analysis of its concept. Her new work for nine performers crystallises her approach. In Winter 2015, when Vigipirate, the French national safety system, was at its highest alert, a photo on a book held her attention: two infantrymen pressed against each other, worried, and just below, the title of Patrick Boucheron’s book: Conjurer la peur (Warding Off Fear), his essay on the medieval fresco in Sienna, Allegory of good and bad government. It all came together in an instant. Allying poetry and politics, the dancers bring the fresco to life in a commentary on our times.

Entretien avec Gaëlle Bourges

Vous aimez partir d'une œuvre picturale et d'une question qui vous habite. La question ici, c'est justement comment conjurer la peur ?
Ce projet a germé peu après les attentats de janvier 2015, dans un contexte mondial de peur face au terrorisme. Un moment où l'on ne pouvait que constater le rôle gangrénant que constitue la peur, à la fois dans le rapport à soi mais aussi dans la façon dont nos gouvernements se saisissent de cette émotion pour nous gouverner par la peur, justement. (...) C'est cet hiver-là que j'ai découvert le livre de Patrick Boucheron, Conjurer la peur – autour de la fresque d'Ambrogio Lorenzetti, Les effets du bon et du mauvais gouvernement – qui en filigrane traite cette question, mais à l'aune d’une œuvre du XIVe siècle.

Outre une peinture « source » ou « point de départ », votre écriture chorégraphique se développe dans un rapport serré avec la parole, le commentaire même.
J'aime travailler sur un maillage entre ce que l'on donne à voir et ce que l'on donne à entendre, avec un jeu de tensions, de contradictions et de recoupements entre ces deux écritures. (...) Je travaille à faire apparaître sur scène la peinture « source » exclusivement à partir de la présence physique des performeurs. Ce développement scénique se fait toujours en rapport avec une langue, qui vient à la fois décrire les images que l'on recrée sur le plateau et mettre à la critique ces images mêmes, ou ce que l'on a pu en dire (...) Mais ce n’est pas une langue qui est singulièrement mienne, puisqu’elle est nourrie de toute une série de lectures en résonance avec l'œuvre ou avec la question qui a guidé le choix de cette œuvre. Peuvent ainsi s'immiscer des extraits directement tirés de ces lectures. Dans Conjurer la peur, on trouve par exemple un paragraphe de L’Insurrection qui vient, du Comité invisible, ou une réflexion du philosophe Giorgio Agamben sur le commandement.

La question politique est importante dans votre travail, mais toujours imprégnée de traits d'humour, d'une certaine légèreté dans la forme et/ou dans le ton.
C'est une question de distance. Et particulièrement de distance avec soi-même : ne pas se prendre totalement au sérieux, ni prendre les choses du monde trop au sérieux non plus. (...) Cette attitude n'est pas le fruit d'une démarche artistique en soi : j'aime pouvoir rire de tout, même si ce n'est pas toujours aisé... Il en va de même des questions politiques : elles m'intéressent en soi, au quotidien. Si j’arrivais à dégager plus de temps, je pense que j’aimerais être activiste, comme deux des performeurs qui partagent le plateau avec moi.

Ces activistes dont vous parlez, vous les avez « castés » pour cette création en particulier ?
Non, ce sont des amis. Je ne fais jamais d'auditions ou de « casting ». Je travaille essentiellement avec des gens qui me sont proches, ou en tout cas des gens que je connais déjà. Dans ce projet, il y a par exemple deux jeunes personnes rencontrées lors d'un atelier chorégraphique que j'ai mené avec des étudiants à Poitiers - l’un d’entre eux est fraîchement diplômé d'une école des beaux-arts. (...) J'aime inviter au plateau des personnes qui ne sont pas danseurs professionnels. L'habileté que donne la danse est très belle, mais elle gomme souvent les différences, alors qu'elles ressortent de façon beaucoup plus ouverte dans des gestes qui n'ont pas été filtrés, organisés par la danse.

 

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